L'ENDOMÉTRIOSE

Quel traitement pour l'endométriose ?

Actuellement, il n'existe pas de traitement définitif de l'endométriose. Par contre, sachez qu'aujourd'hui des traitements peuvent améliorer votre qualité  de vie en soulageant la douleur, en diminuant le nombre de lésions d'endométriose ou en freinant leur évolution, en préservant ou, le cas échéant, en restaurant la fertilité, en prévenant ou en retardant le retour à la maladie.

En l'absence de désir de grossesse, tout endométriose doit être traitée, c'est le B.A.-BA pour éviter qu'elle n'évolue, ou ne récidive si on a réalisé un traitement chirurgical. Le pire ennemi de cette affection est de ne rien faire.

Les données de la littérature suggèrent qu’un traitement hormonal limite la progression des endométriomes et des nodules de la cloison recto-vaginale.



LES ANTALGIQUES

 

En dehors des formes très légères d'endométriose, il n'est pas conseillé de les utiliser seuls, car ils n'ont aucun effet traitant, et n'évitent pas la progression de la maladie. Ils peuvent par contre être avantageusement associés aux autres traitements, le temps que ceux-ci agissent où si ces derniers ne sont pas complètement efficaces.

 

Il s'agit entre autre :

• du paracétamol
• de l'aspirine
• des anti-inflammatoires non stéroïdiens
• des antalgiques combinés (association avec de la codéïne, des opiacés ...).

 

Un conseil : si vous prenez un anti-inflammatoire non stéroïdiens, et qu'il ne soulage pas votre douleur, prenez-en à nouveau. Contrairement aux autres antalgiques, les anti inflammatoires non stéroïdiens ne soulagent la douleur déjà existante. Ils bloquent plutôt la production des prostaglandines, qui sont à l'origine de la douleur. Vous devez prendre l'anti-inflammatoire avant que les prostaglandines ne soient produites (c'est-à-dire avant que la douleur ne survienne) et vous devez continuer de le prendre toutes les 6 heures pendant 24 heures afin qu'il soit efficace.
 


LES TRAITEMENTS MÉDICAMENTEUX DE PREMIÈRE INTENTION

 

Lorsque la prise de médicaments antalgiques et anti-inflammatoires ne suffit pas, le traitement consiste généralement à freiner ou bloquer la sécrétion d'œstrogènes par les ovaires, grâce à une pilule contraceptive adaptée à la patiente.

 

La pilule œstro-progestative (à base d'œstrogènes et de progestérone) est souvent prescrite en première intention, en particulier chez les jeunes filles. Elle peut être prise, soit de façon classique (21 au 24 jours de pilule, 7 ou 4 jours d'arrêt ou de placebo) ce qui réduit les saignements, soit, si ce n'est pas suffisant pour diminuer les douleurs, de façon continue pour supprimer les règles. La douleur peut alors disparaître totalement. Actuellement, on préconise de plus en plus cette prise continue dans cette indication.

Les autres voies d'administration des œstro-progestatifs, comme l'anneau vaginal (Nuvaring®) ou les patchs contraceptifs (Evra® et Lisvy®) sont aussi efficaces.


Les microprogestatifs qui bloquent l'ovulation, sous forme orale (Cérazette®), ou sous la forme d'un implant contraceptif (Nexplanon®) seront préférés aux œstro-progestatifs, en cas de contre-indication ou de mauvaise tolérance à ces derniers.


Les macroprogestatifs peuvent également être utilisés en prise discontinue ou continue. Certains ont l'indication "endométriose" sur les notices (Luteran®, Colprone®, Visanne®). La prise continue doit, là aussi, être privilégiée, sauf si elle s'accompagne de saignements qui sont en général modestes mais inopinés. Dans ce cas, une simple interruption de 4 jours permet souvent de les éviter. Le Duphaston® est peu ou pas efficace dans cette indication.

 

 

LES STÉRILETS HORMONAUX

 

L'utilisation d'un stérilet à la progestérone (Mirena® et depuis peu Jaydess®, modèle de petite taille adapté aux femmes n'ayant jamais eu d'enfant) permet de diminuer aussi efficacement les douleurs, en diminuant voire en supprimant les règles.

Par contre, le stérilet au cuivre est contre-indiqué chez les femmes présentant une endométriose car il augmente l'abondance des règles et les douleurs.




LES TRAITEMENTS MÉDICAMENTEUX DE DEUXIÈME INTENTION

 

Les analogues de la GnRH : ces médicaments inhibent, après une courte période de stimulation (qui en anglais s'appelle le flare up), la sécrétion des gonadotrophines hypophysaires (pour comprendre leur fonctionnement, vous pouvez vous rendre sur la page expliquant le cycle menstruel et l'ovulation).

Très efficaces, ils induisent en quelques jours une véritable ménopause artificielle, qui va s'installer et persister pendant toute la durée du traitement. Celui-ci est administré par voie intra-musculaire (mensuelle ou trimestrielle) ou par voie nasale (bi-quotidienne) pour une durée de 3 à 6 mois en moyenne (maximum un an). Les règles reviennent en général 6 semaines après la dernière injection, quand les injections sont mensuelles.

S’ils sont administrés seuls, très rapidement des effets indésirables comparables à ceux de la ménopause apparaissent : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, sécheresse vaginale, troubles de l'humeur, baisse de la libido.

Afin d’éviter ces désagréments, il est actuellement conseillé de leur associer systématiquement de faibles doses d'œstrogène ou d'œstro-progestatifs, sous forme de comprimés, de crème ou de patchs. C'est ce qu'on appelle l'add-back thérapie. Ce traitement ne nuit pas aux effets des analogues de la GnRH et permet, à condition que la dose d’œstrogène soit suffisante, d’obtenir une tolérance parfaite du traitement. L’add-back thérapie permet également de prévenir l’ostéoporose.


Le Danazol : il inhibe également la sécrétion de gonadotrophines au niveau de l'hypophyse, mais possède des effets androgéniques (il stimule la production d'hormones mâles) qui expliquent qu'il ne soit quasiment plus prescrit (prise de poids, hirsutisme, acnée, troubles de l'humeur et rarement modification de la voix).



LE TRAITEMENT DES DOULEURS NEUROPATHIQUES

 

Une origine neuropathique peut partiellement expliquer les douleurs pelviennes chroniques et la permanence de douleurs post-opératoires. La mise en place d’un traitement par antiépileptiques ou antidépresseurs peut dans ce cas s’avérer efficace, mais ne pourra se justifier qu’après une évaluation rigoureuse permettant de suspecter une origine phsysiopathologique neuropathique de la douleur.



LE TRAITEMENT CHIRURGICAL

 

En cas de désir de grossesse à court terme ou en cas d'échec des thérapeutiques médicales, la décision d'opérer par cœlioscopie peut être prise, pour détruire l'endomètre, partout où il se trouve, à l'exception de l'ovaire où la priorité est donnée à l'intégrité de ce dernier.

Pour que la chirurgie soit utile, elle doit retirer les lésions de façon aussi exhaustive que possible, afin de faire disparaître les symptômes douloureux pendant de nombreuses années, voire totalement. Le risque de récidive est en effet corrélé à la qualité de l'intervention.

La chirurgie consiste :
• à détruire les nodules, soit en les enlevant, soit en les coagulant (électricité), soit en les vapporisant (laser). Les 3 techniques donnent le même résultat.
• à sectionner les adhérences (adhésiolyse) en particulier tubo-ovarienne (entre les trompes et les ovaires).
• à enlever les kystes ovariens (kystectomie) ou à les détruire.
• à retirer les nodules recto-vaginaux.

Ces traitements ont pour but de supprimer des lésions découvertes en cours de cœlioscopie, et de restaurer une intégrité anatomique et fonctionnelle de l'appareil génital. L'intervention se passe sous anesthésie générale. Dans les formes légères à modérées, de loin les plus fréquentes, la femme ressort de l'hôpital sous 24 à 72 heures, avec 2 semaines d'arrêt de travail en moyenne.

En l'absence de désir de grossesse, il est préférable de faire suivre la chirurgie d'un traitement médicamenteux, afin d'éviter la récidive.