L'ENDOMÉTRIOSE

Prise en charge complémentaire de l'endométriose

La prise en charge médico-chirurgicale est indispensable dans l'endométriose. Néanmoins certaines modifications des habitudes de vie (l'arrêt du tabac, un changement de l'alimentation, la reprise du sport) peuvent grandement améliorer les symptômes.

Parallèlement des thérapies dites complémentaires, comme l'ostéopathie, l'acupuncture ou l'hypnose peuvent s'avérer efficaces.




TABAC ET ENDOMÉTRIOSE : DEUX ENNEMIS

 

A) Le tabac augmente le risque d’endométriose


La greffe péritonéale des fragments d’endomètre semble liée à une modification de l’immunité, incapable de rejeter ces cellules.  

La fumée de cigarette, en altérant le système immunitaire, augmente le risque de développer une endométriose. Ainsi à âge égal, il y a plus d’endométriose et plus de formes sévères chez les femmes qui fument que chez les autres.



B) Le tabac augmente les symptômes d’endométriose


Les manifestations de la maladie sont essentiellement liées à l’inflammation générée par les implants d’endométriose. Or le tabagisme, et en particulier la nicotine, majore cette inflammation.

Le tabac est par ailleurs responsable d’une augmentation des douleurs de règles par l’altération de la vascularisation de l’utérus.


C) L’impact de l’endométriose sur la fertilité est majorée par le tabagisme


Certains composés sécrétés par les foyers d’endométriose agressent les spermatozoïdes et les ovocytes en augmentant la fragmentation de l’ADN de ces cellules. Or le tabagisme a le même effet !

Si vous souhaitez arrêter de fumer, l’hypnose et l’acupuncture sont deux méthodes naturelles et efficaces.

 

 

POURQUOI FAUT-IL CONTINUER LE SPORT ?
 
Face aux douleurs que provoquent les lésions d’endométriose, beaucoup de femmes boudent le sport, par crainte de souffrir davantage. Pourtant la pratique d’une activité physique modérée aide à mieux supporter la douleurs.

 

A) Une inflammation des nerfs qui crée une immobilité tissulaire


« Une douleur n’est jamais dans la tête, par contre la tête a une influence sur le ressenti douloureux », explique le Dr Lhuillery, médecin algologue à Paris. « Si on a une douleur c’est qu’il y a une information physiologique lésionnelle qui a lieu dans le corps. Cette information va remonter dans le cerveau, qui va en faire une analyse, une modulation, qui va alors rendre compte d’un ressenti. Ainsi, les jours où l’on va moins bien, on a l’impression d’avoir plus mal que les jours où l’on va mieux. »

Concrètement, « les saignements provoquent une inflammation douloureuse, mais ce n’est pas la seule source de douleur ». « Au cours du temps, on va avoir des micro-lésions neurologiques, c’est-à-dire des terminaisons nerveuses qui sont comme étouffées et abîmées par l’endométriose, ce qui se manifeste pas des douleurs neuropathiques proches de la sciatique (élancement, coup de poignard, brûlures…). Il s’agit d’une irritation des nerfs qui empire au cours du temps en intensité et en fréquence ». Or, « un tissu qui est immobile devient douloureux. Et c’est la deuxième source de douleur ».

Outre les médicaments permettant de diminuer l’inflammation des nerfs, « une relance dynamique corporelle est essentielle » pour maintenir une mobilité des tissus et diminuer les douleurs. « Et dans ce sens, la reprise du sport est fondamentale ».


B) S’aider de nos endomorphines naturelles grâce au sport


« En bougeant, on sécrète des  endomorphines, les morphines naturelles du corps, on stimule les voies de contrôle de la douleur, et pour finir on détourne son attention.

La pratique sportive a donc de multiples bénéfices sur la santé physique d’une femme atteinte d’endométriose, sans parler de la satisfaction psychologique qu’elle entraîne. Il faut néanmoins veiller à adapter la pratique physique à son état et éviter les activités physiques intenses potentiellement douloureuses.



GÉRER LES DOULEURS AVEC L'HYPNOSE


La douleur est une « expérience sensorielle et émotionnelle désagréable », une sensation subjective normalement liée à un message de douleur, un stimulus nociceptif transmis par le système nerveux. D'un point de vue biologique et évolutif, la douleur est une information permettant à la conscience de faire l'expérience de l'état de son corps pour pouvoir y répondre.

L’accompagnement des patientes souffrant de douleurs chroniques dans le cadre d’une thérapie par l’hypnose ou thérapie d’activation de conscience a pour objectif la focalisation de l’attention sur la douleur afin de cheminer vers l’acceptation et non plus l’évitement de cette perception douloureuse.

Bien sûr, il s’agit d’une acceptation active qui a pour objectif la diminution voire la disparition de la sensation douloureuse. En effet, la transe hypnotique ou processus d’activation permet l’augmentation du seuil de tolérance à la douleur, la perception des sensations corporelles est modifiée . En entrant dans le processus d’activation de conscience, les patients sollicitent de façon non consciente de nouvelles ressources neuronales.

En orientant leur vecteur attentionnel sur la sensation de douleur , les patientes prendront conscience des différentes sensations et pourront laisser émerger toutes les pensées qui leur sont reliées.

Par l’usage de suggestions adaptées proposées aux patientes en état d’hyper éveil sensoriel, le thérapeute suggère l’idée selon laquelle les pensées ne sont que productions mentales auxquelles il n’est pas toujours pertinent et aidant d’obéir et surtout que nous pouvons les changer.

L’hypnose ou thérapie d’activation de conscience permet au patient de se décentrer de la sensation de douleur pour en avoir une perception différente ; la douleur n’est plus l’orage qui prend toute la place dans le ciel du patient mais juste un épisode climatique qui laisse la possibilité d’éclaircies voire d’ensoleillement. Le patient reprend les commandes , il n’est plus envahi par une douleur subie, il devient acteur.

La thérapie d’activation de conscience ou hypnose a aussi pour objectif l’autonomisation du patient  quant à la pratique de l’auto hypnose en cas de sensation trop inconfortable.

Un minimum de 5 séances est préconisé pour devenir autonome...



LES BIENFAITS DE L'OSTÉOPATHIE


L’ostéopathie et plus particulièrement la fasciathérapie (le fascia est une membrane fibreuse servant d’enveloppe aux organes qui leur confère une certaine mobilité) ont pour but de relancer la circulation sanguine et de lever les tensions ligamentaires ; tensions induites par l’irritation des petits nerfs situés autour de la région utérine pendant les règles. Ces nerfs irrités entraînent une immobilisation des tissus et des organes. Rigides, il peuvent alors devenir eux-mêmes douloureux.

Grâce à une manipulation douce, concentrée sur la région du bassin, la technique redonne de la mobilité aux tissus internes. Elle agit ainsi sur le système digestif, vaginal, utérin et même sur les lombaires.


Les objectifs du traitement de l'endométriose en ostéopathie sont donc de :

Limiter les douleurs abdominales et lombaires

Agir sur le cadre osseux pelvien pour améliorer la souplesse du bassin et l’équilibre articulaire

Optimiser l’innervation et la vascularisation des organes pelviens

Soulager l’irritation du péritoine en libérant les adhérences

Restaurer le positionnement normal de l’utérus en assouplissant les ligaments utérins

Relancer les contractions utérines physiologiques pour favoriser l’évacuation du flux menstruel



L'APPORT DE L'ACUPUNCTURE


En construction.



LA PRISE EN CHARGE PSYCHOLOGIQUE


Au-delà des douleurs physiques, l'endométriose peut générer une véritable souffrance psychique. Face à l'errance diagnostique et aux traitements médicaux lourds, confrontées à des difficultés pour avoir un enfant, les patientes ont souvent besoin d'une écoute.

Les conséquences de l'endométriose étant très variables selon les femmes, leurs besoins en termes de soutien sont tout aussi divers. Quand certaines ont besoin d'évoquer leurs douleurs, d'autres recherchent une oreille attentive afin de partager leurs difficultés à procréer, leur angoisse face aux risques d'hystérectomie (ablation de l'utérus) ou encore leur prise de poids à cause des traitements hormonaux. La prise en charge psychologique est donc à adapter selon les patientes et leur parcours.


A) A quel moment consulter un psy ?


Certaines femmes ne ressentent pas le besoin de consulter un thérapeute à l'annonce du diagnostic d'endométriose car elles se sentent, dans un premier temps, soulagées de mettre un mot sur leurs douleurs et/ou leur infertilité. Le besoin de parler de la maladie et de ses conséquences peut venir plus tard. Généralement, c'est le manque d'écoute ou encore le sentiment de ne plus avoir de solution qui va mettre la puce à l'oreille et indiquer qu'une aide psychologique peut être utile.


B) Quel forme de soutien psychologique choisir ?


Concrètement, il est recommandé de consulter un psychologue ou un psychothérapeute. Si vous n'êtes pas à l'aise avec une telle démarche, vous pouvez également trouver du soutien auprès de groupes de paroles (contacts auprès des associations), sur les forums internet ou encore en pratiquant une activité psycho-corporelle (acupuncture, sophrologie, yoga, tai-chi…) qui va vous aider à vous détendre.